Les 14 et 15 mars avaient lieu nos rencontres bi-annuelles des Papillons dans la tête – ce rendez-vous qui permet aux membres de l’association, pour beaucoup éloigné·es géographiquement ou occupé·es à récolter des graines dans les arbres, d’arpenter les sentiers ou les voies de grimpe, de se retrouver le temps d’un week-end pour faire le point, regarder l’horizon et partager des moments conviviaux et festifs. Conjoint·es et enfants sont les bienvenu·es – la preuve que la relève pousse bien, et qu’elle prend de la hauteur d’année en année.
Ces Papillons blancs accueillent également l’assemblée générale, un conseil d’administration et des ateliers de travail, de recherche ou de formation. Après deux années perchées sur les hauteurs du Vercors à Vassieux, c’est la ferme de Baume Rousse à Cobonne qui nous a ouvert ses portes cette année.
Une AG pas comme les autres
Le samedi matin avait lieu l’Assemblée de Grenouilles des Voyageurs des Cimes – une AG qui n’a décidément rien de traditionnel. Le bilan moral a été interprété par Ilona et Séverine, deux membres de notre Collégiale des Abeilles. Le rapport d’activité a pris la forme d’un débat mouvant animé par Eléa, l’une de nos deux salariées permanentes et fée de la coordination. Et le bilan financier ? Chanté au ukulélé par Flore, l’autre salariée permanente et reine des tableurs Excel. On s’est ensuite projeté·es ensemble dans les perspectives pour 2026, avant de clôturer avec le renouvellement du CA, l’accueil de nouveaux·elles membres et l’approbation des bilans.

L’Arbrotilus prend forme – et nous emmène déjà loin
Après le repas, nous sommes parti·es à la rencontre de l’Arbrotilus, dont l’armature est déjà suspendue au cœur de son atelier – un vaisseau en devenir, mais déjà habité d’une belle énergie. Matthieu, l’un de ses capitaines, nous a alors embarqué·es dans le futur les yeux fermés – nous projetant dans un monde où l’Arbrotilus est construit et vogue entre les arbres, nous invitant d’abord à penser à ce qui nous gratte dans le fonctionnement du monde actuel, puis à imaginer le monde de demain où tout cela aurait été transmué. Un voyage les pieds dans l’atelier, la tête dans les cimes – et le cœur déjà à bord. Autant de rêves envoyés au cœur de l’Arbrotilus pour nourrir son élaboration de nos visions transformatrices.



Regarder l’horizon, choisir son cap
L’après-midi, place aux ateliers – parce que la joie et le jeu n’empêchent pas le travail de fond. Au programme : les perspectives d’évolution de l’association. Fin 2025, notre Collégiale des Abeilles avait décidé de réduire la voilure pour 2026 – et ce choix méritait qu’on s’y arrête. Ces dernières années, l’association avait grandi jusqu’à porter trois salarié·es permanentes, ce qui impliquait un minimum de séjours pour financer ces postes. Un cercle un peu vicieux : plus de structure pour porter les séjours, mais plus de pression pour en organiser suffisamment, au risque de perdre ce qui fait le sel de l’aventure – l’envie de créer et de transmettre. Plutôt que de continuer à courir, on a choisi de souffler. La programmation 2026 s’est donc construite à partir des envies et des propositions – et non d’un minimum à atteindre. Résultat : 14 séjours estivaux, deux salariées permanentes au lieu de trois, et un prévisionnel légèrement déficitaire que l’association peut absorber grâce à ses fonds propres, le temps de trouver un nouvel équilibre pour 2027.



Résistant·es en 2326 !
Après avoir bien fait fumer les méninges, place à la fête ! La soirée déguisée avait pour thème : « Résistant·e en 2326 – à quoi ressemble le monde et notre rapport aux forêts, aux humains, au vivant ? De quelles manières résistons-nous ? » Une invitation à prolonger nos réflexions sur les mondes de demain – en costumes et avec beaucoup plus de musique.



Le dimanche, la ruche bourdonne
Après une courte nuit sous les étoiles de nos cœurs, notre Collégiale des Abeilles s’est réunie le dimanche matin. La séance a démarré sur une belle note : nos deux salariées permanentes ont officiellement demandé à être renommées Louves plutôt que Fourmis, pour marquer les évolutions de leur rôle au fil des changements de l’association. Validé à l’unanimité – évidemment. Les différents points de l’ordre du jour ont ensuite été traités : approbation du règlement intérieur, nouveaux points à la table des lois pour les séjours ACM, stratégie de communication, plan de reprise des tâches par les abeilles…



Parce que les bonnes choses ont souvent une fin – mais qu’on peut toujours les prolonger un peu autour d’une table – on s’est retrouvé·es une dernière fois pour un repas joyeux et chaleureux. Les lieux nettoyés et rendus à leur calme, chacun·e est reparti·e dans son arbre, sa tanière, sa contrée – pour voter (premier tour des élections municipales oblige), se reposer et laisser les nouvelles petites graines semées dans le week-end prendre racine.
Des papillons dans la tête et des envies plein le cœur – rendez-vous est déjà pris à l’automne, quand les papillons roux viendront danser à leur tour.


